Le mot du Directeur, J-M. PEYRICAL

Posted by IDPA on jan 14 2009 |

L’interview du Directeur, Maître Jean-Marc PEYRICAL

Qu’est-ce-que l’IDPA et quelle est son origine ?

L’IDPA est une sorte d’école dans l’école : il s’agit d’un institut qui forme des avocats de droit public au sein-même de l’école de formation du barreau de Paris.

Elle permet ainsi aux élèves-avocats sélectionnés à cet effet de bénéficier, à côté des cours de l’EFB, d’enseignements ciblés sur la profession d’avocat publiciste.

L’institut est également une formation « diplômante », dès lors que, en partenariat avec l’ordre des avocats du barreau de Paris, il est rattaché à l’Université de Paris XI – Faculté Jean Monet à Sceaux.

Les avocats qui suivent ce cursus se voient donc délivrer un diplôme universitaire en bonne et due forme.

Une telle structure, qui prend une place bien spécifique au sein de l’EFB, a été crée et gérée pendant vingt ans par Jean-Pierre BOIVIN, avocat au barreau de Paris et enseignant à Paris XI. C’est donc grâce à lui, à son investissement et sa persévérance, que l’institut a non seulement pu exister mais aussi perdurer dans le temps.

C’est donc avec un grand honneur, et une humilité certaine, que je prends sa succession à ce poste de Directeur de l’Institut. Avec aussi, bien évidemment, une grande motivation pour continuer une action menée avec tant de réussite.

Vingt ans après sa création, où en est l’Institut ?

Il a acquis, avec le temps, une reconnaissance certaine dans le milieu des avocats – et plus précisément, bien évidemment, les avocats publiciste – mais aussi des collectivités publique et les entreprises privées avec lesquelles ils sont amenés à travailler.

Le nombre de candidatures auprès de l’Institut – pour 25 postes offerts – ne se dément pas chaque année. Et les élèves-avocats, qui sont à l’IDPA ne rencontrent aucune difficulté – au contraire – pour trouver des stages en cabinet, ni pour des postes de collaborateur à l’issue de leur scolarité.

L’IDPA a ainsi su créer un véritable réseau d’avocats de droit public, réseau qui ne pourra qu’être appelé à s’étendre dans l’avenir.

Comment se déroule la scolarité, les enseignements ?

Comme dans le cursus « classique » de l’EFB, l’IDPA repose sur trois semestres : le premier – janvier à juin – permet aux élèves avocats d’effectuer un stage au sein d’une juridiction administrative – ou plus exceptionnellement, au sein d’une administration publique ou d’une autorité administrative indépendante -, le deuxième – juillet à décembre – est consacré aux enseignements proprement dit, et partant, le troisième – janvier à juin de l’année N+1 -, les élèves-avocats effectuent un stage en cabinet.

Les enseignements donnés par les magistrats de l’ordre administratif et les avocats sont très pratiques. Les étudiants sont ainsi mis en situation réelle, et doivent rédiger des mémoires, des requêtes, des demandes d’expertise… comme s’ils exerçaient en cabinet et doivent effectuer soit des consultations, soit des recours devant les juridictions administratives.

Dans certains séminaires, une large place est réservée aux interventions extérieures (responsables d’entreprises ou de collectivités publiques) afin d’enrichir encore le contenu de la matière concernée.

Quelle est la place du droit public dans le monde du droit aujourd’hui ?

Le droit public a su, années par années, marquer son empreinte à côté du droit privé, et plus particulièrement du droit des affaires dont il a d’ailleurs emprunté une partie du patronyme.

Il a su se diversifier et – grâce d’ailleurs, aux juges administratifs qui ont régulièrement enrichi ses sources – adopter une transversalité qui a eu pour conséquence de créer ou plutôt de renforcer ses liens avec le droit civil, le droit commercial, le droit de la concurrence ou encore sans être exhaustif, le droit pénal.

Il suffit de regarder l’évolution du droit des contrats et marchés publics, matière quasi-autonome il y a de cela une vingtaine d’année, – et de fait, rarement enseignée en tant que telle à l’Université – et devenue un phénomène de mode aujourd’hui, qui se traduit par la floraison de revues, colloques et autres manifestations qui leur sont consacrés, mais aussi par le nombre d’élèves-avocats souhaitant s’y spécialiser…

Mais, plus encore que dans d’autres domaines, les avocats publicistes doivent faire face à certaines difficultés, dont celle découlant des mises en concurrence dont ils font l’objet de la part des collectivités publiques, des prix prédateurs et comportements anticoncurrentiels, des interventions illicites de non-avocats dans le périmètre du droit… les maux sont connus, les remèdes moins. Il est en tout cas certain que les cabinets doivent se réorganiser afin de s’adapter à ce nouvel environnement.

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